Étapes d’une attaque informatique : première phase et vulnérabilités à connaître

Jeune femme concentrée devant un ordinateur avec réseau digital

Un écran s’allume, un mot de passe circule, et l’équilibre fragile d’une infrastructure numérique peut basculer. La rapidité avec laquelle une attaque informatique peut bouleverser un système défie l’imagination : quelques minutes suffisent à mettre à nu des données confidentielles ou à désorganiser des services clés. Les premiers mouvements d’un pirate prennent souvent appui sur des failles banalisées, nichées au cœur des appareils du quotidien ou dissimulées dans des logiciels laissés à la traîne.

Les techniques changent, évoluent, se perfectionnent. Pourtant, certains points faibles traversent les années sans perdre de leur attrait pour les cybercriminels. Les entrées favorites des attaquants ne sont pas un secret : elles figurent noir sur blanc dans les rapports d’incident et les bases de connaissances partagées par les professionnels de la sécurité. Saisir la logique de la première phase d’une attaque, c’est déjà prendre une longueur d’avance sur les menaces et renforcer la robustesse de son environnement numérique.

Comprendre le déroulé d’une attaque informatique : les grandes étapes à surveiller

Les étapes d’une attaque informatique ne dépendent jamais simplement d’une opportunité. Les experts parlent souvent de la cyber kill chain, un modèle popularisé par Lockheed Martin, pour expliquer la progression méthodique d’un assaut informatique. Cette structure dissèque la cyberattaque en séquences claires, chacune donnant à l’assaillant un avantage décisif pour avancer.

La chaîne d’attaque, étape par étape

Pour visualiser le scénario typique d’une attaque, on peut la résumer en sept phases distinctes :

  • Reconnaissance : le pirate commence par glaner des renseignements sur la cible. L’OSINT fournit des outils inépuisables pour repérer les faiblesses à exploiter.
  • Préparation des armes : il façonne ou choisit son vecteur d’attaque : logiciel malveillant adapté, pièce jointe manipulée, lien propice à du piégeage.
  • Livraison : le vecteur sélectionné est transmis via e-mail frauduleux, clé USB, ou intrusion par un service rendu public.
  • Exploitation : le danger se concrétise lorsqu’une vulnérabilité non corrigée est utilisée pour pénétrer le système.
  • Installation : le logiciel malveillant s’incruste, assurant à l’attaquant un accès durable.
  • Mouvement latéral : l’assaillant progresse dans le réseau pour atteindre d’autres ressources, en visant ce qui présente le plus d’intérêt.
  • Action sur l’objectif : après avoir pris position, l’étape finale commence : vol de données, chiffrement, exfiltration de documents ou sabotage.

Certains cadres de référence détaillent encore davantage ces tactiques, dévoilant la capacité d’adaptation des cybercriminels, capables de moduler chaque phase selon la défense en face. La reconnaissance reste toujours déterminante : c’est ce travail en amont qui prépare le terrain à l’attaque elle-même.

Première phase : comment les attaquants repèrent et exploitent les failles

Au commencement de toute attaque informatique se développe une enquête patiente, souvent invisible pour la victime. Les cybercriminels mobilisent des outils avancés, décortiquent les bases d’informations libres et scrutent les réseaux sociaux à la recherche de détails : un schéma d’organisation publié en ligne, une photographie laissant entrevoir un badge d’accès, une adresse mail apparue lors d’un webinaire. Les indices se cachent dans les détails, et c’est suffisant pour révéler un point faible.

Leur but : détecter les vulnérabilités à connaître. Cela inclut les applications laissées sans surveillance, les services qui n’ont aucune raison d’être actifs, ou des habitudes vieillissantes pour la gestion des accès et des mots de passe. Certains privilégient l’ombre : observer, compiler, sans toucher. D’autres s’attaquent plus franchement à la cible avec scans de ports, tests automatisés et tentatives d’hameçonnage. Il suffit parfois d’un moment d’inattention devant une pièce jointe piégée ou d’insérer une clé USB inconnue pour ouvrir la porte.

La riposte à cette phase nécessite de rester aux aguets. Les équipes de sécurité planifient donc des audits réguliers, traquent les signaux faibles et identifient les failles potentielles. Une analyse de risque menée sérieusement permet de hiérarchiser les incertitudes, d’anticiper les scénarios critiques, puis de renforcer le dispositif. Car il suffit d’un point d’accès négligé pour transformer un incident mineur en effraction majeure.

Les failles les plus exploitées par les cybercriminels

Certains leviers sont utilisés sans relâche, car ils ciblent là où l’inattention s’installe. Les cybercriminels visent avant tout les moments où la vigilance s’estompe. Le phishing persiste comme une véritable tactique de masse : un email qui ressemble à s’y méprendre à une communication officielle, un clic et voilà un logiciel malveillant qui s’invite silencieusement sur le poste. Les chevaux de Troie et rançongiciels profitent d’un manque de sensibilisation. Sur mobile, le smishing prend le relais et profite de la rapidité avec laquelle on ouvre une notification.

Côté infrastructure, les bugs non corrigés sont une bénédiction pour les attaquants. Un logiciel non mis à jour tient quasiment lieu d’invitation. Les failles techniques persistantes, une configuration des droits bâclée, ou l’absence de chiffrement dans l’espace cloud exposent les fichiers critiques, parfois de façon irréversible. Le vol de données ou le chiffrement suivi d’une demande de rançon sont devenus des pratiques courantes dans ce contexte.

Voici les types d’attaques fréquemment évoquées sur le terrain :

  • Phishing et smishing : exploiter l’humain, tabler sur sa rapidité ou sa confiance, détourner un réflexe pour compromettre un accès.
  • Logiciels malveillants (malware, ransomware, virus) : s’infiltrer à bas bruit, bloquer ou effacer des fichiers parfois vitaux.
  • Attaques par déni de service : saturer un site ou une appli pour les rendre indisponibles.
  • Erreurs humaines : configuration expédiée, mot de passe “facile”, absence d’authentification renforcée.

Le mode opératoire est limpide : entrer par la faille la plus accessible, puis avancer en terrain conquis au sein du système informatique. Les classifications professionnelles fournissent désormais une cartographie aussi fine qu’utile de ces techniques, offrant aux équipes de défense une vue structurée pour suivre la logique de l’adversaire pas à pas.

Défense et bonnes pratiques : comment réduire les risques d’intrusion

Sécuriser un système informatique va bien au-delà de la simple installation d’un antivirus. La protection dépend d’une stratégie construite sur le long terme, d’une politique de sécurité adaptée et d’une gestion rigoureuse des vulnérabilités. Auditer régulièrement et analyser la moindre faiblesse contribue à contenir la surface d’attaque. Rester assidu sur les mises à jour logicielles, c’est fermer la porte à une exploitation trop facile par un logiciel malveillant opportuniste.

La gestion des droits mérite une attention constante. La double authentification (MFA) rend la vie bien plus difficile à l’usurpateur, même lorsque des identifiants circulent sous le radar. Les accès doivent être ajustés avec précision :

  • Limiter l’attribution des privilèges administrateur au strict nécessaire,
  • Cloisonner les réseaux pour isoler les ressources sensibles.

Des solutions avancées de détection, telles que les outils EDR (Endpoint Detection and Response), viennent traquer les comportements suspects, tandis qu’un plan de gestion d’incident conçu en amont permet une réponse cohérente en cas de problème.

Parmi les mesures complémentaires qui renforcent la barrière :

  • VPN et chiffrement des échanges : privilégier des connexions sécurisées, que ce soit au bureau ou en situation de mobilité.
  • DLP (prévention des fuites de données) : surveiller les transferts sensibles pour limiter la dispersion d’éléments confidentiels.
  • Satisfaire aux exigences réglementaires : RGPD, normes ISO 27001, consignes de l’ANSSI ou recommandations du CLUSIF.

L’adoption de nouveaux outils, aussi performants soient-ils, ne saurait suffire. Sensibiliser, former, organiser des simulations d’attaques par phishing, encadrer le BYOD, ces réflexes, alliés à des canaux de remontée et de gestion des incidents bien définis, forgent une culture de vigilance collective. La réelle forteresse, c’est la capacité humaine à détecter l’anomalie avant qu’elle ne dérape.

Pour garder ce temps d’avance, il ne s’agit jamais de baisser la garde. Remettre ses défenses à l’épreuve, s’ajuster sans relâche, savoir repérer l’insolite : la sécurité numérique n’offre aucun répit, mais elle épargne ceux qui restent sur le qui-vive.