Ce qu’il faut savoir sur les inconvénients de Qwant

Personne ne s’est jamais levé un matin en rêvant d’un internet plus lent ou d’une recherche en ligne entravée. Pourtant, c’est le pari risqué que tente Qwant, le moteur de recherche européen, face à l’empire Google. Depuis plus de vingt ans, Google règne sans partage sur le marché européen de la recherche en ligne. En 2018, le géant américain a engrangé près de 137 milliards de dollars, avec plus d’un milliard d’utilisateurs mensuels actifs sur chacune de ses plateformes. Face à cette machine, Baidu, Yandex, Yahoo, Naver ou Bing n’ont jamais vraiment réussi à s’imposer au-delà de leurs frontières. Le duel semble perdu d’avance, mais Qwant n’a pas dit son dernier mot.

Une « alternative éthique » à Google

Né en France et en Allemagne, Qwant se présente comme une réponse à la collecte effrénée de données orchestrée par Google. Pas de pistage, pas de profilage : la promesse est claire, et séduit ceux qui refusent de céder leur vie privée pour plus de confort numérique. L’entreprise mise sur cette posture éthique pour attirer à elle une part du marché européen, affichant l’ambition de capter 5 à 10 % des utilisateurs d’ici 2021. Un objectif osé quand Google concentre plus de 90 % du trafic. Qwant ne se berce pas d’illusions sur une éventuelle prise de pouvoir ; mais même une telle progression ferait d’elle la première rivale sur le Vieux Continent.

Qwant développe une gamme de produits ciblant les audiences Google

Là où Google a bâti son empire sur la publicité, Qwant suit la même route : les revenus doivent venir des annonces d’affichage. Mais difficile de rivaliser avec un géant quand on ne dispose ni de la même audience, ni des mêmes outils d’analyse de données. Ce manque pèse lourd pour séduire les annonceurs. Pourtant, tout n’est pas perdu : les usages évoluent, et la publicité suit toujours la trace des internautes. En octobre 2018, l’Assemblée nationale a décidé d’installer Qwant par défaut sur tous ses appareils. Un coup de projecteur qui pourrait faire bouger les lignes.

Pour tenter de rattraper Google, Qwant multiplie les initiatives. Voici quelques exemples concrets de cette stratégie :

  • Un espace de partage des résultats de recherche pour fédérer une communauté autour de sa plateforme ;
  • Qwant Maps, lancé pour offrir une alternative à Google Maps ;
  • Une version junior dédiée aux enfants, pensée pour filtrer les contenus inadaptés ;
  • Un moteur de recherche de musique, couplé à Qobuz, son service de streaming musical.

Chaque nouveauté vise à grignoter un peu du terrain occupé par Google, tout en gardant en ligne de mire la protection des données personnelles.

Netguide mise sur l’IA pour révolutionner la recherche en ligne

Dans la même veine, Netguide, bien connu pour ses sélections de sites web et son agrégateur d’actualités, entre dans la danse avec une nouvelle arme : l’intelligence artificielle. Développé en France, ce moteur s’engage lui aussi à respecter la vie privée, mais va plus loin en misant sur une technologie capable d’analyser et de synthétiser le contenu des pages les plus pertinentes. L’objectif : livrer des réponses claires et précises, sans noyer l’utilisateur sous une avalanche de liens.

Cette approche séduit ceux qui veulent gagner du temps, tout en gardant la possibilité de remonter à la source pour approfondir. Pour profiter de cette fonctionnalité avancée, il faut toutefois s’acquitter d’un abonnement d’environ cinq euros par mois. Netguide espère ainsi s’imposer comme un acteur incontournable, combinant confidentialité et innovation technologique, face aux mastodontes du secteur. Pour en savoir plus, rendez-vous sur leur moteur de recherche dopé à l’IA.

La demande de sécurité numérique présente des opportunités pour les concurrents

L’affaire Snowden, en 2013, a profondément changé la donne. Depuis que l’ancien analyste américain a révélé l’ampleur de la surveillance exercée par les États-Unis, la question de la confidentialité des données est devenue un enjeu de société. Les citoyens européens, plus avertis, attendent désormais des garanties sur le traitement de leurs informations personnelles. En 2018, l’entrée en vigueur du RGPD a rebattu les cartes : de nouvelles règles strictes encadrent l’utilisation des données, forçant les entreprises à revoir leurs pratiques.

Google, longtemps critiqué pour son usage agressif de la collecte d’informations, s’est retrouvé dans le viseur des autorités. Amende record de cinq milliards de dollars pour abus de position dominante, soupçons récurrents sur ses méthodes d’analyse… Autant de signaux qui ont renforcé l’envie de solutions alternatives, plus sûres et plus respectueuses des utilisateurs. L’essor de Qwant, Netguide et autres challengers illustre ce virage : désormais, la sécurité numérique devient un critère de choix, pas un simple argument marketing.

À mesure que la vigilance des internautes s’accroît, une nouvelle ère s’ouvre pour les moteurs de recherche. Face à Google, la partie est loin d’être jouée ; chaque clic, chaque requête, redessine un peu la carte du pouvoir en ligne. Impossible de prédire qui dominera demain, mais une chose est certaine : la bataille pour la vie privée ne fait que commencer.